Le Sri Lanka choisi par l’EI parce que «défaillant en matière de sécurité»

Au Sri Lanka, une semaine après les attentats de Pâques, revendiqués par l’Etat islamique, l’enquête continue. Sur la foi d’informations fournies après l’arrestation du chauffeur de Zahran Hashim, présumé mort dans l’attentat contre l’hôtel Shangri-La, les policiers ont donné l’assaut à une maison abritant, selon eux, des jihadistes. Seize personnes dont six enfants ont été tuées la nuit dernière dans l’assaut de la police contre cette cache jihadiste, près de la ville de Kalmunai, dans l’est du pays. Au moins 94 personnes ont été interpellées depuis dimanche dernier et les autorités viennent d’interdire deux mouvements islamistes radicaux.

Il y aurait encore selon les autorités, plusieurs dizaines de terroristes potentiels en fuite sur le territoire. « Nous avons des informations selon lesquelles il y a environ 140 personnes au Sri Lanka liées à l’Etat islamique », a lancé vendredi le président Maithripala Sirisena. Selon le professeur Arie Kruglanski, de l’université du Maryland aux Etats-Unis que nous avons joint par téléphone, cela témoigne de l’ampleur de la pénétration du groupe Etat islamique dans le pays et dans l’ensemble de l’Asie du Sud.
C’est un phénomène général qui a commencé avant le recul du groupe Etat islamique mais qui s’est intensifié après la chute du califat. L’Etat islamique déploie ses tentacules dans toute la région et coopte des groupes jihadistes locaux… ça a été le cas aux Philippines, en Indonésie, au Bangladesh. La liste est très longue… Et le Sri Lanka n’a pas été épargné… En 2015, 45 musulmans sri-lankais sont partis en Syrie pour rejoindre les rangs de l’organisation Etat islamique. Et les groupes locaux comme le NTJ dont on a beaucoup parlé cette semaine se sont mis à son service… Voilà pourquoi les attaques de Pâques représentent une victoire immense et spectaculaire du modèle mis en place par le groupe Etat islamique ».

Les canaux du trafic de drogue et du crime organisé. Les enquêteurs cherchent aussi à saisir les motivations des jihadistes. Comment le groupe Etat islamique a t-il pu percer dans ce pays qui n’avait jamais connu ce type d’attentat commis au nom de l’islam ? Il ne faut pas chercher plus loin que les failles sécuritaires, selon le professeur Arie Kruglanski.

« Jusqu’ici le Sri Lanka était connu pour sa relative harmonie religieuse. Le seul conflit qui a marqué le pays opposait les Tamouls aux Cinghalais. Mais les religions vivent en paix. Il y a par exemple des officiers chrétiens et musulmans dans l’armée sri-lankais et personne ne s’est jamais plaint de discrimination religieuse. Le Sri Lanka a plutôt été choisi pour des raisons pragmatiques. Parce qu’il était défaillant en matière de sécurité. Il y avait des groupes musulmans sur place, une très faible sécurité… La possibilité d’utiliser des canaux qui étaient réservés dans le temps au trafic de drogue et au crime organisé. Les terroristes adorent ce genre d’endroits, parce que ça leur offre une garantie de succès ».

Le NTJ interdit ce samedi, Plusieurs cellules résiduelles seraient encore actives sur le territoire sri-lankais selon les autorités, qui ont interdit ce samedi 27 avril le NTJ, le National howheeth Jama’ath, ainsi qu’un groupe satellite, le Jamathei Millathu Ibraheem (JMI). Le NTJ était dirigé par Zahran Hashim, qui a effectué l’attaque suicide contre l’hôtel Shangri-La de la capitale Colombo avec un second kamikaze. Il apparaissait dans une vidéo diffusée par le groupe Etat islamique : on l’y voyait prêtant un serment d’allégeance au chef de l’organisation jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi.

Comment le NTJ a-t-il pu monter une opération de cette ampleur sans être inquiété ?
« Il naviguait sous les radars mais les services de renseignement le connaissaient très bien, poursuit Arie Kruglanski. Et ils s’inquiétaient parce que ce groupe se radicalisait de plus en plus… Certains de ses prêcheurs faisaient des déclarations très inquiétantes. Ils incitaient à la violence contre les infidèles quels qu’ils soient, bouddhistes ou chrétiens. Certains disaient même que l’islam devait conquérir le Sri Lanka, mais ils n’avaient pas de revendications politiques… C’était religieux. C’est une organisation qui bouillonnait ces dernières années, qui était bien connue et surveillée de près à la fois au Sri Lanka et en Inde, mais comme le gouvernement n’a jamais voulu reconnaître la montée de l’influence du groupe Etat islamique, il n’a jamais fait les gros titres et c’est resté entre mains des services de renseignement ».

Le pétrole vénézuélien désormais sous embargo, les chavistes crient au complot

L’embargo américain sur le pétrole du Venezuela a débuté dimanche 28 avril. Cela ne va pas forcément pousser le président Maduro vers la sortie, mais risque en revanche d’aggraver la crise économique. Les partisans du président chaviste restent confiants et dénoncent la mainmise de Washington.

Le Venezuela abrite la plus grosse réserve d’hydrocarbure au monde. Mais en proie à une crise politique continue, les gouvernements successifs n’ont jamais su en tirer parti et n’ont pas su développer la compagnie nationale pétrolière, la Petróleos de Venezuela SA (PDVSA).
Il y a vingt ans, la PDVSA produisait plus de trois millions de barils par jour et employait près de 40 000 personnes. Son activité générait alors 96% des recettes en devises et la société s’est même implantée aux États-Unis, avec sa filiale Citgo.

Cependant, ces dernières années sous les gouvernements d’Hugo Chavez et de son successeur Nicolas Maduro, la production est tombée à son plus bas niveau. Après des années de mauvaise gestion, de sous-investissement et de corruption, la compagnie nationale est au bord de l’implosion et Caracas est désormais obligé d’importer du pétrole du Nigéria, mais aussi des États-Unis.
Ce nouvel embargo est un coup dur pour le Venezuela, dont l’économie repose essentiellement sur les revenus pétroliers. Ceux-ci représentent plus de 80% des ressources financières du pays
Désormais, Caracas ne pourra plus commercer avec des sociétés américaines et ses avoirs à l’étranger seront gelés. Il est également interdit à toute entité étrangère d’utiliser le système bancaire américain pour se fournir en or noir vénézuélien.

Incendie de Notre-Dame de Paris: la structure «est sauvée»

Ravagée lundi 15 avril au soir par un incendie, apparemment accidentel, la cathédrale Notre-Dame de Paris est défigurée mais ne s’est pas totalement effondrée grâce à l’intervention des pompiers qui ont sauvé la structure de l’édifice, que le président Emmanuel Macron a promis de « rebâtir ».

L’incendie qui a ravagé lundi la cathédrale Notre-Dame de Paris est maîtrisé, a annoncé dans la nuit, à 3h, heure de Paris, un porte-parole des pompiers. « L’incendie est éteint. On va continuer à surveiller les foyers résiduels et refroidir les parties chaudes, dont la charpente, tout en vérifiant que les flammes ne reprennent pas », a affirmé le lieutenant-colonel Gabriel Plus.

Le « pire a été évité », a estimé lundi soir Emmanuel Macron après l’incendie qui a emporté une partie de ce joyau de l’architecture gothique que le chef de l’État a promis de « rebâtir » via une souscription nationale et en faisant appel aux talents du monde entier.

La structure de Notre-Dame de Paris « est sauvée et préservée dans sa globalité », avaient affirmé un peu plus tôt les pompiers lundi soir après des heures d’angoisse.

Des heures de luttes contre les flammes

Plus tôt dans la soirée, Laurent Nuñez avait déclaré que le sauvetage de la cathédrale Notre-Dame n’était « pas acquis » malgré la mobilisation de quelque 400 pompiers et l’utilisation de 18 lances à eau. « Les sapeurs-pompiers attaquent cet incendie avec 18 lances à incendie, depuis l’extérieur mais aussi depuis l’intérieur, pour tenter de sauver cet édifice, ce qui, à l’heure actuelle, n’est pas acquis. »

« Le feu intéresse les deux-tiers de la toiture, qui s’est effondrée, ainsi que la flèche. Actuellement, la manoeuvre vise à préserver l’arrière de la cathédrale, où sont situées les oeuvres les plus précieuses, que nous sommes en train d’évacuer. Les oeuvres les plus précieuses ont été mises à l’abri », déclarait en début de soirée le général Jean-Claude Gallet, commandant de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, également présent sur place.

Il ajoutait : « La seconde manoeuvre concerne le beffroi nord, avec le risque d’effondrement des bourdons (cloches à son grave, ndlr). Si les bourdons s’effondrent, c’est l’effondrement de cette tour ».

Vue aérienne de l’incendie prise par un drone.

Pompiers de Paris

Le feu a pris dans les combles de la cathédrale, monument historique le plus visité d’Europe, ont indiqué les pompiers. L’incendie se serait déclaré aux alentours de 18h50, heure de Paris, selon le porte-parole de Notre-Dame qui ajoutait alors que « toute la charpente est en train de brûler. »

D’immenses flammes ont dévoré la toiture. Un large nuage de fumée grise, visible à des kilomètres à la ronde, s’échappait du bâtiment situé au centre de la capitale française, sur l’île de la Cité.

Impossible de larguer de l’eau

Environ 400 pompiers se sont mobilisés autour de l’édifice. Le largage d’eau par avion pour éteindre les flammes ne pouvait pas être une option, a indiqué lundi soir la Direction générale de la sécurité civile, car cela pouvait en effet entraîner l’effondrement de l’intégralité de la structure.

Dévorée par les flammes, la flèche de Notre-Dame de Paris, emblème de l’édifice datant du XIXe siècle, qui culminait à 93 mètres, s’est effondrée sur elle-même ainsi que la toiture.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a déploré un « terrible incendie ». La mairie a vite demandé de rester à l’écart de l’édifice et demandé d’évacuer la zone afin de laisser passer les secours pour qu’ils puissent intervenir.

Amassés sur les quais de Seine, les badauds regardent en silence les pompiers combattre l’incendie qui ravage #NotreDamepic.twitter.com/y4dFMIZRQK
François-Damien B. 15 avril 2019
« Sauver les œuvres d’art à l’intérieur »

Emmanuel Grégoire, maire adjoint à la mairie de Paris, a déclaré sur BFM que la priorité avait d’abord été « d’éviter que le risque d’effondrement fasse des victimes collatérales sur les riverains, les touristes ».

« Désormais, la double priorité est de sauver les œuvres d’art à l’intérieur qui peuvent l’être, car les dégâts seront majeurs. Ensuite, il y a la question du contrôle de l’incendie lui-même qui s’est étendu à toute la charpente et dont la violence est tout à fait spectaculaire », a-t-il ajouté.

Lundi soir, le recteur de la cathédrale a affirmé que la couronne d’épines et la tunique de Saint-Louis avaient été sauvées.

L’origine de l’incendie n’était pas connue dans l’immédiat. L’édifice est actuellement en réfection, un de ses flancs étant en particulier couvert d’échafaudages.

Macron et Philippe sur place

Emmanuel Macron, qui a annulé une importante allocution prévue ce lundi soir en réponse aux « gilets jaunes », s’est rendu sur le parvis de Notre-Dame de Paris. « Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste ce soir de voir brûler cette part de nous », a écrit le président sur Twitter avant de faire part de vive voix de son émotion. Le Premier ministre Edouard Philippe était également à ses côtés.

Cet incendie intervient au premier jour des célébrations de la Semaine sainte qui mène à Pâques, principale fête chrétienne. Le monument gothique du Moyen Âge est le bâtiment le plus visité d’Europe, environ 13 millions de touristes le visitent chaque année.

La Fondation du patrimoine va lancer ce mardi une « collecte nationale » pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris. « Cette collecte sera accessible le 16 avril à partir de midi sur le site http://www.fondation-patrimoine.org », a précisé la fondation.

L’enquête sur le sinistre a été ouverte pour « destruction involontaire par incendie » et confiée à la Direction régionale de la police judiciaire, a
annoncé le parquet

Libye: le HCR s’inquiète du sort des migrants pris dans les combats

Le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) demande la libération immédiate et l’évacuation des migrants incarcérés dans des centres de détentions exposés au conflit, qui fait rage dans le sud de Tripoli.Les combats entre les forces fidèles au gouvernement et celles du maréchal Haftar ont déjà fait 121 morts et près de 600 blessés, d’après l’OMS.

Alors que les violents affrontements entre les forces de l’armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar et celles du Gouvernement d’union nationale (GNA) ont déjà fait des dizaines de morts depuis le début de l’offensive de l’ANL, le 4 avril, les combats se sont concentrés ces derniers jours sur la banlieue sud de Tripoli, la capitale libyenne.

Or, « à Tripoli, il y a plus de 3 000 réfugiés qui sont dans des centres de détention et on a au moins trois centres de détention qui sont dans le Sud, beaucoup plus proches du conflit, et ils ne peuvent pas sortir », alerte Tarik Argaz, chargé de communication pour le HCR Libye. Situation d’autant plus préoccupante que les combats rendent difficile l’accès à ces populations. Le HCR a donc demandé, le 12 avril, la libération immédiate et l’évacuation de ces migrants, « parce que les autorités libyennes ne peuvent pas garantir leur protection ».

Mardi 9 avril, le programme des Nations unies a pu transférer 150 réfugiés d’un centre de détention d’Ain Zara « vers un centre du HCR qui est au centre de Tripoli, où on peut garantir leur sécurité ». Un début encore insuffisant, puisqu’il y a « plus de 1 400 personnes qui sont encore dans des centres de détention au Sud ».

Des détenus refusent d’être déplacés

Le HCR s’est également heurté à un écueil : 728 réfugiés et migrants détenus dans le centre de Qasr Bin Ghasheer, que l’organisation voulait transférer vers le centre de détention de Zintan, loin des affrontements, ont refusé d’être déplacés, demandant à être évacués hors de Libye. « C’est pour cela qu’on a lancé l’appel pour qu’il soient libérés. Comme ça, ils peuvent aller se protéger dans un autre endroit et ne pas rester exposés au conflit », justifie Tarik Argaz.

Par ailleurs, plus de 9 500 personnes ont été déplacées par les combats dans les environs de Tripoli, dont la moitié les 11 et 12 avril, toujours selon le HCR

Algérie: le général Tartag limogé, les renseignements aux mains de Gaïd Salah

En Algérie, le général major Athmane Tartag a été démis de ses fonctions. C’est ce qu’annonce l’agence officielle de presse ce vendredi soir, le 5 avril. Il était chargé de la coordination des services de sécurité, sous l’autorité du président de la République.

C’était l’un des derniers chantiers d’Abdelaziz Bouteflika : restructurer les services de renseignements. Le général Tartag avait été nommé conseiller du président en 2015, lorsque Mohamed Mediène, tout puissant chef des renseignements depuis 25 ans, était remercié.

L’objectif était pour le président de mieux contrôler les services de renseignements, en mettant certains services sous son contrôle, d’autres sous le contrôle de l’armée, qu’il considérait comme fidèle.

Ce vendredi, l’agence officielle de presse annonce que Athmane Tartag est limogé, trois jours après la démission du président algérien. Et toute la partie du renseignement qu’il dirigeait passe sous la tutelle de Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major. L’homme de 77 ans tient entre ses mains toute la structure du renseignement du pays.

Génocide au Rwanda: des historiens pour se pencher sur le rôle de la France

Un comité d’historiens va être mis en place pour étudier les archives françaises sur le génocide au Rwanda, et ce à quelques jours des commémorations des événements de 1994. Le président Emmanuel Macron a reçu, ce vendredi 5 avril au matin à l’Elysée, des représentants d’une association de soutien aux rescapés.

Le chef de l’État a tout d’abord annoncé la mise sur pied d’une commission pour étudier le rôle et l’engagement de la France durant le génocide. Une commission composée d’historiens et de chercheurs qui auront accès à l’ensemble des archives françaises concernant le Rwanda entre 1990 et 1994. Il s’agit d’une promesse faite par Emmanuel Macron à l’issue d’une rencontre avec son homologue rwandais, Paul Kagame, l’année dernière.

Placé sous le l’égide du professeur Vincent Duclert, spécialiste de l’enseignement des génocides ; cette commission aura accès à l’ensemble des archives françaises, diplomatiques et militaires sur le Rwanda entre 1990 et 94. Parmi les chercheurs, des spécialistes de la Shoah, du génocide arménien, des questions militaires mais aucun spécialiste du Rwanda.

Pour le président de l’association des rescapés en France, Marcel Kabanda, il s’agit d’un premier pas vers la vérité. « Dans cette commission, il n’y a pas d’historiens spécialistes du Rwanda mais je pense que la manière dont il la voit c’est aussi qu’il y ait suffisamment preuve de neutralité. Ne pas être du Rwanda n’empêche pas de travailler sur le Rwanda. »

Le choix de ne pas inclure de spécialiste du Rwanda a fait débat. À l’Élysée, on explique dit qu’il s’agit d’un choix méthodologique pour éviter justement de reproduire les blocages et les thèses qui s’affrontent depuis 25 ans.

Archives fermées au public

Ces archives ne seront toutefois pas ouvertes au public mais uniquement aux chercheurs de cette commission qui devront remettre leur rapport dans un délai de deux ans. Ce que regrette Julien Allaire, de l’association Survie.

« On peut imaginer que [les membres de la Commission] fassent leur travail en toute indépendance, mais [les archives] ne seront pas déclassifiées pour autant, déclare-t-il au micro de RFI. Il n’y aura pas la possibilité pour tout un chacun, y compris les chercheurs, d’accéder à ces documents et de pouvoir faire une analyse peut-être différente. C’est somme toute délicat parce que, pour la mission d’information parlementaire typiquement, il y a eu un accès à des documents qui n’ont pas été publiés en même temps que le rapport. Ça laisse une certaine suspicion par rapport au travail réalisé. »

« L’inquiétude, par ailleurs, poursuit-il, c’est que certains documents, qui seraient particulièrement probants sur les questions de complicité, ne puissent pas être utilisés par la justice, et particulièrement le parquet, qui pourraient se saisir de ces éléments pour entamer des procédures judiciaires. »

Le rôle de la France dans le génocide au cœur d’une polémique

Le chef de l’État français a également annoncé que les moyens, notamment judiciaires pour poursuivre les génocidaires présumés en France, allaient être renforcés. Le rôle de la France avant et pendant le génocide est l’objet d’une polémique depuis vingt-cinq ans, le régime à Kigali accusant Paris d’avoir assisté les génocidaires matériellement et militairement.

Si l’association des rescapés du génocide rwandais Ibuka estime que « c’est une ouverture, un premier pas », ses membres comptent bien rester vigilants. « C’est la première fois que nous sommes reçus par un président français. Mais nous avons souvent été déçus, trahis. Nous allons suivre de très près le travail de cette commission. »

France: mini-sommet européen à Paris pour Xi Jinping

Si la visite d’Etat du président chinois en France était, ce lundi 25 mars, l’occasion d’aborder des thèmes bilatéraux et de discuter des enjeux internationaux, ce mardi pour sa seconde et dernière journée en France, Xi Jinping a le droit à une sorte de mini-sommet européen organisé par son hôte. Le président français Emmanuel Macron a en effet convié la chancelière allemande Angela Merkel ainsi que le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, à l’Elysée pour aborder avec le président chinois les sujets qui semblent le plus sensibles aux yeux du président français et de nombre de dirigeants européens. Mais il n’y aura pas que des sujets qui fâchent puisqu’il sera notamment question de réchauffement climatique.

C’est une configuration très particulière à laquelle fait face, ce mardi 26 mars, Xi Jinping à son arrivée au palais de l’Elysée. Le président chinois, qui préfère les discussions et les accords bilatéraux, se retrouve face aux trois personnages considérés par beaucoup comme centraux pour ce qui est de l’Union européenne : Angela Merkel, Jean-Claude Juncker et Emmanuel Macron. Trois poids lourds pour faire passer un message, celui du réveil européen comme l’a qualifié le président français.

Emmanuel Macron ambitionne de mettre en place une définition commune d’un nouvel ordre international afin de relancer le multilatéralisme détricoté ces derniers mois par le président américain Donald Trump. Pas sûr que cela plaise à Xi Jinping qui préfère sceller des accords au cas par cas et pas sûr que ces trois dirigeants européens aient les arguments pour convaincre un président chinois qui vient de signer des accords bilatéraux avec l’Italie.

Un réveil européen

Et, justement, ce sont ces accords signés, samedi 23 mars, à Rome qui ont réveillé une partie des dirigeants européens qui voient à travers les offres chinoises le risque de voir l’Europe se diviser encore plus qu’elle ne l’est en ce moment. Une Europe forte et unie, c’est le seul moyen selon ces dirigeants de faire face à la montée en puissance de la Chine, de la Russie ou encore des Etats-Unis.

Earthquake of 5.9 in the North of Haiti

The Directorate of Civil Protection (DPC) has published its first status report following the magnitude 5.9 earthquake on the Richter scale that occurred Saturday night in northern Haiti, the report covers the period from Saturday 6 at the time of the earthquake to Sunday 7 October 2018 at 1 am.
The shock was felt across all departments of the country, creating a panic in several cities, according to the testimony of the teams of the Civil Protection. The earthquake caused the deaths of ten people – 7 in Port-de-Paix (North-West) and 3 in Gros Morne (Artibonite). At least 135 people are injured and taken care of in hospitals. Many houses are destroyed or damaged.

Hospitals in the North West, Artibonite and North departments received and treated at least 135 wounded, including fractures and minor injuries. Civil Protection teams are at work across the country and especially in the North West where two slight aftershocks have been felt since. The Directorate of Civil Protection invites people to keep calm and not to rely on rumors.

The earthquake did not require the launch of a tsunami warning.

Situation at the department level : Artibonite :

Gonaïves : Twenty wounded, About 5 cracked houses

Gros-Morne : 3 dead, 30 wounded, 15 homes destroyed, 10 homes damaged

Terre Neuve : 4 wounded, 8 homes destroyed

Cap-Haïtien : 14 victims in total: 2 cases of hysterical crisis, 9 slight injuries (panic), 10th injured (motorcycle accident) with a broken leg, 1 pregnant woman received in the emergency department (panic), 1 cardiovascular accident

Plaisance : Partial collapse of the facade of the Catholic Church, 4 minor injuries due to panic movements.

North West : Entire department: 63 injured: 34 women, 2 teenage girls / women and 25 men, two teenage boys welcomed and treated at the Hospital Immaculate Conception and Beraca Hospital (La Pointe)

7 dead

Partial balance of damage : Bilan humain

The assessment of the earthquake is 10 deaths – 7 in Port-de-Paix and 3 in Gros-Morne. The people died because of the collapse of buildings. At least 135 wounded were received and treated in hospitals that night.

Habitat
Several buildings are destroyed or damaged, including cases of cracked houses. The most concerned departments are North West and Artibonite. Building evaluations will continue this Sunday.

Infrastructure
No major damage has so far been reported with regard to road, port, airport, health, education, sports and telecommunication infrastructures, with the exception of a cultural center that collapsed in Gros-Morne in the Artibonite.

Coordination
The Coordination, Information and Analysis and Public Information areas of the National Emergency Operations Center were partially activated during the night of October 6-7. Upon receipt of the first alert, the communication was initiated and maintained with the hierarchy of the National System of Risk and Disaster Management, as well as departmental coordination of risk management and disaster

Recherche et Sauvetage
Civil Protection teams are hard at work across the country and especially in the North West and Artibonite to help the population. Specialized teams are ready to conduct search and rescue operations if needed.

Santé
Hospitals in the North West, Artibonite and North departments received and treated 135 wounded, including broken bones and minor injuries.

HL/ HaitiLibre

Un juge accusé de corruption

Le commissaire du gouvernement près le tribunal de Première Instance de la Croix des Bouquets, Yvon Jean Noel, se trouve malgré lui au centre de l’affaire Nice Simon. M. Jean Noel a été mis en disponibilité par le ministre de la justice suite aux accusations de la Mairesse de Tabarre faisant état de son implication dans des tractations pour empêcher une enquête sur des accusations de corruption.

Les responsables du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) réclament une enquête pour faire la lumière sur les révélations de Mme Simon. Le RNDDH rappelle que M. Jean Noel avait été dénoncé par des citoyens et des avocats au cours de ses précédentes affectations à la Grande Rivière du Nord et à Fort Liberté. Le RNDDH affirme que M. Jean Noel avait été accusé en 2010 de bourrages d’urnes en faveur du candidat Occin Jacques Benjamin. Il était à cette époque président du BEC de Grande Rivière du Nord.

De son côté le chef du Parquet de la Croix des Bouquets révèle que Mme Simon été sous le coup d’une investigation pour des allégations de corruption à la Mairie de Tabarre. Il soutient que l’enquête, réclamée par l’Unite de Lutte contre la Corruption, concerne des détournements de fonds. La Mairesse devrait répondre à une nouvelle convocation avant la fin de cette semaine.

M. Jean Noel nie avoir des liens privilégiés avec M. Yves Léonard assurant qu’il n’avait pas élu domicile à Kingdom Hôtel, appartenant à M. Léonard.

LLM / radio Métropole Haïti

Psychologue Wilky Sanon

Après avoir terminé ses études classiques en 2003 «à l’école JM Henriquez et au Collège Suisse de Jacmel», Wilky Sanon, né à Grand Gosier, dans la ville de Félix Maurisso Leroy, département du Sud-Est, avait reçu une bourse de l’État d’Haïti à poursuivre ses études en psychologie à l’Université La Havane à Cuba. Ce jeune homme a eu la chance de terminer ses six années de cours en psychologie. En 2008, en Haïti, Wilky Sanon figurait parmi les 7 érudiants haïtiens sur les 36 membres de sa classe (dans plusieurs régions) qui décident de retourner au Pays après leurs études à Cuba.

Le jeune psychologue Wilky Sanon a expliqué que malgré un contrat signé entre le gouvernement haïtien et des universitaires, dont l’objectif est de servir le pays en retour, cela n’empêche pas ces étudiants de tourner définitivement le dos à Haïti. Face à cette situation, Wilky est très critique à l’égard du gouvernement haïtien, ignorant son engagement envers les étudiants de pouvoir transmettre leurs connaissances au profit du pays en ne créant pas les conditions nécessaires permettant à ces jeunes professionnels de contribuer au développement d’Haïti.

«Être psychologue, ce n’est pas ma volonté, mais celle de la nature ou de Dieu. Le sang patriotique coule dans mes veines depuis mon enfance; L’un de mes rêves était d’aider les personnes en situation difficile », a déclaré Sanon, qui a vivement critiqué les autorités haïtiennes, principalement responsables selon lui, de la situation misérable d’Haïti. Ajoutant que «la plupart des étudiants ont toujours démontré leur volonté de retourner en Haïti après leurs études à l’étranger».>//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js

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Wilky a estimé qu'Haïti est actuellement confronté à de graves problèmes dans le secteur des ressources humaines. Cependant, aucune politique d'intégration des ressources n'a été développée à ce jour par les dirigeants permettant aux etudiants du pays de rentrer chez eux. Il dénonce: «Les politiciens opportunistes qui se sentent plus à l'aise dans la misère du peuple. De plus, l'idéal de la jeunesse est souvent ignoré, en fonction des tendances politiques, sociales et économiques du pays ».

Notons que ce jeune psychologue, après six années d'études en psychologie clinique à Cuba, est abandonné par l'État haïtien, malgré l'investissement réalisé par le gouvernement pour ses études. Depuis son retour en Haïti, Wilky n'honore que des contrats avec des ONG. Il coordonne dans le département du Sud-Est, un projet psycho social et socioculturel, financé par «International Psycho social Organisation (IPSO)», une ONG allemande.

Espérons que cet exemple stimule le nouveau gouvernement, si prompt à demander haut et fort le retour de la diaspora éduquée chez lui, et qu'il prend rapidement toutes les mesures nécessaires, en commençant par offrir à ses étudiants boursiers des possibilités d'intégration sur le marché du travail avec un salaire décent, de servir son pays et contribuer à son progrès sur la voie du développement.

HL / Claudy Bélizaire
Tous droits réservés HaitiLibre / Claudy Bélizaire